La maison

Nichée au cœur de la rue des Carrières, la Maison de la Dame Blanche se dresse comme l’une des plus anciennes demeures des Damps, imprégnée d’histoire et de légendes.

Les premières sources connues concernant la maison remontent au règne de Philippe VI. En 1331, le roi récompensa son fidèle serviteur Étienne de la Chapelle, ancien queux de la cour chargé des cuisines royales, en lui accordant les terres des Damps, de Léry, de Poses et de Notre-Dame-du-Vaudreuil.

Ces donations s’accompagnaient également d’un revenu annuel de plus de 74 livres tournois, une somme considérable pour l’époque, que l’on peut estimer aujourd’hui à environ 300 000 euros en pouvoir d’achat. Cela témoigne de l’importance de la récompense accordée à Étienne de la Chapelle et de la confiance que lui accordait le souverain.

Il est probable que la plus ancienne partie de la maison actuelle ait été construite à cette époque comme résidence d’Étienne de la Chapelle.

En 1335, l’un des héritiers d’Étienne de la Chapelle demanda au roi la confirmation de ses droits sur cette donation. Après cet acte, il n’existe plus de sources connues concernant cette famille.

Quelques années plus tard, après son mariage avec Philippe VI en 1350, les terres semblent être passées dans le patrimoine de Blanche de Navarre, probablement comme cadeau de noces, avant d’être données par celle-ci à sa sœur, religieuse à l’Abbaye royale de Longchamp. L’abbaye demeura ensuite propriétaire de l’église et d’une partie des biens jusqu’à la Révolution française.

Après la Révolution, la maison entra définitivement dans le patrimoine privé. Les archives du cadastre napoléonien montrent également que la maison était autrefois près de deux fois plus longue qu’aujourd’hui. Au fil des siècles, une partie importante du bâtiment a disparu : la Maison de la Dame Blanche que nous voyons aujourd’hui ne représente donc qu’environ la moitié de son volume d’origine.

Sa cave, avec ses arcs doubleaux chanfreinés, est typique du XIIIe siècle, tandis que plusieurs éléments de construction évoquent clairement le style médiéval.

La toiture à pans très inclinés, les fenêtres vitrées de losanges maintenus par du plomb, ainsi que les décors sculptés visibles sur les sablières et les encadrements des fenêtres, ajoutent une touche de charme gothique à cette demeure.

La façade nord, plus raffinée, présente quant à elle des caractéristiques renaissantes, notamment des fenêtres à meneaux et des portes jumelées.

La Maison de la Dame Blanche est ainsi un véritable témoin du patrimoine local, mêlant charme médiéval, élégance renaissante et mémoire des anciennes demeures des Damps.


Les Mains Vertes du Cœur
Fondation Charles Nicolle