Découvrez la collection de roses

  • La collection de roses
  • Les roses anciennes et les origines historiques
  • Le patrimoine rosicole français
  • Les roses tchèques et slovaques
  • Gergely Márk et la Hongrie
  • Allemagne, Angleterre et Europe du Nord
  • D’autres traditions européennes
  • Des roses sélectionnées pour leur adaptation au climat
  • Une collection vivante et documentée
  • La collection de roses

    Avec près de 200 cultivars, la collection de roses du Jardin de la Dame Blanche a pour vocation de retracer l’histoire et la diversité de la création rosicole européenne, depuis les espèces botaniques et les grands groupes historiques jusqu’aux obtentions contemporaines.

    Elle réunit des rosiers Alba, Gallica, Damascena, Centifolia, Bourbon, Portland et d’autres groupes historiques, auxquels s’ajoutent des créations modernes sélectionnées pour leur intérêt historique, horticole ou paysager.

    La collection comprend notamment ‘York and Lancaster’, généralement considérée comme une rose du XVIe siècle, ainsi que ‘Rosa Mundi’, forme panachée traditionnellement rattachée à cette même période. Ces deux roses comptent parmi les plus anciennes roses cultivées conservées dans le jardin.

    Il convient toutefois de distinguer l’âge historique d’un cultivar de l’âge de la plante actuellement présente dans la collection. Les rosiers conservés aujourd’hui sont des multiplications horticoles successives de cultivars anciens. Leur ancienneté concerne donc principalement leur origine historique et leur maintien dans la culture, et non l’âge individuel du pied planté dans le jardin.

    La collection comprend également des obtentions du XIXe siècle, comme ‘Nordlandrose I’, créée par Rudolf Geschwind en 1884, puis des roses du XXe siècle et des créations contemporaines.

    La collection rassemble aujourd’hui des obtentions provenant notamment de France, de République tchèque, de Slovaquie, de Hongrie, d’Allemagne, du Royaume-Uni, du Danemark, d’Ukraine et de Roumanie, auxquelles s’ajoutent des roses canadiennes ainsi qu’un rosier de Damas provenant de Bulgarie.

    Le choix ne repose donc pas uniquement sur la beauté des fleurs. Il cherche également à conserver et à présenter différentes étapes de l’histoire de la sélection des roses, les travaux de certains obtenteurs et les réponses apportées, selon les pays et les époques, à des objectifs aussi différents que le parfum, la forme de la fleur, la rusticité, la résistance aux maladies ou l’adaptation au climat.

    Les roses anciennes et les origines historiques

    Les roses les plus anciennes de la collection permettent d’évoquer une période où les cultivars étaient souvent transmis sous plusieurs noms et où leur origine exacte demeurait parfois difficile à établir.

    ‘York and Lancaster’ est généralement datée du XVIe siècle. Elle est connue pour ses fleurs panachées de blanc et de rose et est souvent associée à la tradition des roses anciennes anglaises.

    ‘Rosa Mundi’, également connue sous le nom de ‘Versicolor’, est une forme panachée de la rose de Provins, Rosa gallica. Elle est traditionnellement considérée comme une rose ancienne, probablement cultivée depuis le XVIe siècle.

    Ces roses sont antérieures à la grande période de création variétale qui se développa au XIXe siècle avec la multiplication des obtenteurs, l’apparition de nouveaux groupes horticoles et l’essor des échanges internationaux.

    La collection comprend également des roses appartenant à des groupes historiques plus anciens, comme les roses Alba, Gallica, Damascena, Centifolia, Bourbon et Portland. Certaines de ces catégories regroupent des cultivars dont l’histoire remonte à plusieurs siècles, même si la date exacte de leur apparition n’est pas toujours connue avec certitude.

    Le patrimoine rosicole français

    Une place importante est accordée au patrimoine français et notamment à la Maison Guillot, l’une des grandes familles de l’histoire de la création rosicole française. La collection présente des roses françaises qui illustrent à la fois l’importance historique de la France dans la création rosicole et la continuité entre les obtentions anciennes et les créations modernes.

    La collection permet d’en présenter différentes périodes, depuis les obtentions historiques jusqu’aux créations contemporaines de la dernière génération. Cette sélection a été élaborée directement en collaboration avec la Maison Guillot.

    D’autres obtenteurs français, anciens et contemporains, complètent ce parcours et permettent progressivement de retracer plusieurs étapes de l’évolution de la rose en France.

    Les roses tchèques et slovaques

    Les roses de République tchèque et de Slovaquie constituent un autre ensemble important de la collection. Elles permettent de faire découvrir en France une tradition de sélection d’Europe centrale encore relativement méconnue.

    Le parcours couvre plus d’un siècle de création. Il comprend notamment Geschwinds Nordlandrose I, obtenue par Rudolf Geschwind en 1884 et représentative de ses recherches sur des roses capables de supporter des conditions climatiques difficiles.

    Plusieurs créations historiques tchèques du début du XXe siècle sont également conservées. On y trouve notamment Dr. T. G. Masaryk, datant de 1919. Cette rose porte le nom de Tomáš Garrigue Masaryk, philosophe et homme politique, premier président de la Tchécoslovaquie après la création de l’État en 1918.

    La collection comprend également plusieurs roses de Jan Böhm, l’une des grandes figures de la création rosicole tchécoslovaque de l’entre-deux-guerres : Božena Němcová, Böhmova azurová, Ave Maria, Eliška Krásnohorská ou encore Dr. Karel Kramář. ‘Böhmova azurová’ mérite une attention particulière en raison de sa couleur inhabituelle, qui compte parmi les premières expressions de teintes mauves, lilas ou bleuâtres recherchées dans l’histoire de la création des roses.

    À ces roses historiques s’ajoutent des obtentions de la seconde moitié du XXe siècle et des créations contemporaines. Certaines témoignent également de la reconnaissance internationale obtenue par les sélectionneurs de la région, comme Cantilena Bohemica de Josef Havel, récompensée à Erfurt en 1981 puis à Baden-Baden en 1984.

    La partie slovaque poursuit cette histoire avec des obtentions plus récentes et des roses dont les noms évoquent des personnages ou des lieux importants de l’histoire et de la culture du pays.

    Cet ensemble permet ainsi de présenter non seulement des cultivars individuels, mais également la continuité d’une tradition rosicole d’Europe centrale, depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.

    Gergely Márk et la Hongrie

    En 2026, le Jardin de la Dame Blanche a commencé à constituer un nouvel ensemble consacré au travail de l’obtenteur hongrois Gergely Márk (1923–2012).

    Les variétés ont été choisies afin d’illustrer différentes facettes de son travail : ses débuts et ses succès internationaux, différents types de rosiers, mais également ses liens avec l’histoire, les saints et les grandes figures de la culture hongroise.

    Cette sélection s’est développée à la suite d’échanges avec le Márk Rosarium d’Acsád, en Hongrie. Elle comprend notamment des roses permettant de créer un lien particulièrement intéressant avec la France, à travers la figure de saint Martin, né selon la tradition dans l’ancienne Savaria et dont l’histoire se poursuivit à Tours.

    Il s’agit d’une acquisition récente, appelée à être progressivement complétée en fonction de la disponibilité de cultivars dont certains sont aujourd’hui difficiles à obtenir.

    Allemagne, Angleterre et Europe du Nord

    Les obtentions allemandes permettent notamment d’illustrer l’importance prise progressivement par la résistance aux maladies et la robustesse dans la sélection moderne.

    Les roses anglaises, notamment celles de David Austin, représentent une autre évolution importante de la création contemporaine, associant l’esthétique et le parfum des roses anciennes aux qualités recherchées chez les rosiers modernes.

    Le Danemark est également représenté dans la collection, complétant ainsi le panorama des traditions rosicoles d’Europe du Nord.

    D’autres traditions européennes

    Quelques cultivars permettent d’élargir progressivement la collection à d’autres traditions de sélection européennes.

    Une rose ukrainienne et une rose roumaine sont actuellement conservées dans le jardin. Bien qu’encore représentés par un nombre limité de cultivars, ces pays participent à la volonté de montrer la diversité géographique de la création rosicole européenne et constituent des axes possibles de développement futur de la collection.

    La Bulgarie est quant à elle représentée par un rosier de Damas lié à la grande tradition bulgare de culture de la rose pour son parfum et la production d’huile essentielle.

    Des roses sélectionnées pour leur adaptation au climat

    Au-delà de leur origine géographique, certaines roses sont également choisies pour montrer comment la sélection répond aux contraintes environnementales.

    Les roses canadiennes illustrent ainsi les recherches consacrées à une très grande rusticité et à la résistance au froid. Certaines sélections canadiennes sont réputées capables de supporter des températures pouvant descendre jusqu’à environ –30 °C, selon les variétés et les conditions de culture.

    La collection accorde également une attention particulière aux rosiers qui réunissent plusieurs qualités recherchées : parfum, floraison remontante, vigueur, résistance aux maladies et bonne adaptation aux conditions de culture. Ces critères sont particulièrement importants pour un jardin ouvert au public, où les rosiers doivent rester décoratifs pendant une longue période tout en conservant une bonne santé générale.

    Cet axe rejoint les recherches menées en Hongrie autour de rosiers sélectionnés notamment pour leur comportement face à la sécheresse.

    L’adaptation des végétaux aux évolutions climatiques devient ainsi un enjeu majeur pour les jardins. La collection cherche à montrer que l’histoire de la sélection des roses ne concerne pas seulement la forme et la couleur des fleurs, mais aussi la capacité des plantes à rester vigoureuses, parfumées et florifères dans des conditions de culture difficiles.

    Une collection vivante et documentée

    Le Jardin de la Dame Blanche ne cherche pas simplement à réunir le plus grand nombre possible de roses.

    Chaque acquisition est progressivement intégrée à une collection documentée prenant en compte son obtenteur, son pays d’origine, sa date de création, son groupe horticole, sa provenance, son histoire et, lorsqu’elles sont connues, ses récompenses et particularités.

    Pour les roses anciennes, une attention particulière est portée aux synonymes, aux dates traditionnellement admises et aux éventuelles incertitudes historiques. Lorsque l’origine ou la date d’un cultivar ne peut pas être établie avec certitude, ces informations sont présentées avec prudence.

    La collection se construit ainsi comme un parcours à travers l’histoire de la rose et de ses créateurs, depuis les cultivars anciens transmis depuis plusieurs siècles jusqu’aux obtentions contemporaines, mais aussi comme un travail de conservation et de documentation destiné à évoluer et à s’enrichir au fil des recherches, des échanges avec les obtenteurs, des roseraies, des pépiniéristes et des conservatoires européens.


Les Mains Vertes du Cœur
Fondation Charles Nicolle
Jardiniers de l’Eure